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Conseils pratiques20 min de lecture

Compressions nerveuses dynamiques du membre inférieur : symptômes, bilan et traitements

· Chirurgien orthopédiste à Sète

Publié le

Arbre simplifié : le fémoral donne le saphène ; le sciatique donne le fibulaire commun et le tibial ; le fibulaire se divise en superficiel et profond.
Comprendre les familles de nerfs : SPE et fibulaire commun désignent le même nerf. Schéma original simplifié ; les branches représentées ne sont pas exhaustives. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

Des fourmillements qui apparaissent après quelques minutes de course, une brûlure sur le bord du pied, une douleur interne du genou ou un pied qui accroche le sol peuvent parfois traduire une souffrance nerveuse. Une compression nerveuse dynamique est favorisée par un mouvement, une position ou l’effort. Elle peut être discrète au repos. Mais toute douleur liée au sport n’est pas une compression : les muscles, les tendons, les os, le rachis et la circulation doivent aussi être considérés.

Ce dossier présente les principaux nerfs concernés, les indices utiles au diagnostic et les possibilités de traitement. Les territoires décrits sont des repères : ils se chevauchent et varient d’une personne à l’autre. Ils ne permettent pas de poser un diagnostic à partir d’une simple carte de douleur.

Qu’est-ce qu’une compression « dynamique » ?

Un nerf traverse des passages où il côtoie des os, des muscles et des enveloppes fibreuses appelées fascias. La pression ou la traction qu’il subit peut varier avec la contraction musculaire, la position d’une articulation ou un appui extérieur. Les symptômes peuvent alors apparaître pendant une activité et diminuer après son arrêt. Le caractère dynamique décrit un fonctionnement ; il ne désigne pas une maladie unique.

Une cicatrice, un kyste, une séquelle de traumatisme ou un équipement serré peuvent également intervenir. Certaines compressions sont continues mais deviennent plus sensibles à l’effort. Une douleur électrique, des picotements, une zone moins sensible ou une faiblesse orientent vers une atteinte nerveuse, sans en apporter la preuve. Les douleurs de jambe liées à l’exercice ont de nombreuses causes. Revue : douleurs de jambe liées à l’exercice.

Un nerf sensitif transmet les sensations ; un nerf moteur commande les muscles. Certains nerfs sont mixtes. Cette distinction explique pourquoi une compression peut donner uniquement une brûlure ou, au contraire, une perte de force qui doit être évaluée rapidement.

Comparaison schématique d’un passage nerveux au repos et lors d’une contrainte liée au mouvement.
Le mouvement peut modifier la pression ou la traction sur un nerf. Ce dessin de principe ne représente pas tous les mécanismes possibles. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

Des repères pour décrire les symptômes

Ce tableau aide à expliquer ce que vous ressentez. Les zones se chevauchent : une douleur peut être projetée, et plusieurs causes peuvent coexister.

Sur téléphone, faites défiler le tableau horizontalement.
NerfZone pouvant être concernéeRepère utile
SaphèneGenou et jambe internesSensitif : pas de paralysie isolée.
Fibulaire commun (SPE)Face externe de jambe, dos du piedDifficulté à relever le pied ou les orteils possible.
Fibulaire superficielBas de jambe externe et dos du piedPremier espace interdigital habituellement épargné.
Fibulaire profond distalAvant de cheville, premier espace interdigitalÀ distinguer d’une atteinte proximale avec pied tombant.
Tibial / branches plantairesPlante du pied, parfois talonConflit possible au mollet, à la cheville ou dans le pied.
SuralArrière externe de cheville, bord externe du piedSensitif : pas de déficit moteur isolé.
Cutané latéral de cuisseFace antéro-externe de cuisseMéralgie : symptômes sensitifs sans faiblesse isolée.

Quels nerfs peuvent être concernés ?

1. Le nerf saphène : douleur sur la face interne du genou et de la jambe

Le saphène est une branche sensitive du nerf fémoral. Il peut être comprimé dans le canal des adducteurs, ou canal de Hunter, à la partie interne de la cuisse. Les symptômes peuvent intéresser le genou interne, la face interne de la jambe et parfois le bord interne du pied. Une atteinte isolée du saphène ne provoque pas de paralysie musculaire. Revue : douleur de jambe induite par l’exercice.

Sa branche infrapatellaire passe près de la partie antéro-interne du genou. Elle peut être irritée après un traumatisme ou une intervention, notamment dans une cicatrice ; une lésion ou un névrome douloureux n’est pas nécessairement une compression dynamique. Une hypersensibilité cutanée au contact mérite d’être décrite, même si les mouvements du genou restent possibles. Publication sur les douleurs du saphène après chirurgie du genou.

Le diagnostic doit être distingué d’une douleur méniscale ou tendineuse. La compression du canal des adducteurs est rare ; un cas clinique favorable après décompression ne permet pas de promettre le même résultat à tous les patients. Cas clinique et revue du diagnostic différentiel, 2025.

Dans le canal de Hunter, le nerf saphène chemine sous le sartorius, entre des structures musculaires et un toit fibreux. Il faut distinguer une irritation à ce niveau d’une atteinte plus distale de sa branche infrapatellaire : elles n’appellent pas automatiquement le même geste. Le nerf destiné au vaste médial est une structure motrice distincte ; il ne faut pas l’assimiler au saphène sensitif. Référence anatomique : Boyd et Brown.

Schéma de la région interne du genou : canal de Hunter au-dessus du genou, branche infrapatellaire vers la peau antérieure et branche saphène descendant dans la jambe.
Le saphène est sensitif. Les cercles signalent des régions à examiner, sans affirmer une compression. Trajet simplifié et proportions indicatives. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

2. Le nerf fibulaire commun, anciennement « SPE »

SPE signifie sciatique poplité externe : c’est l’ancien nom du nerf fibulaire commun, également appelé péronier commun. Il contourne le col de la fibula, anciennement péroné, sur le côté externe du genou, où il est particulièrement exposé à la compression.

Un appui prolongé, des positions accroupies répétées, une attelle ou un kyste peuvent être en cause. Des troubles sensitifs de la partie externe de la jambe et du dessus du pied peuvent s’accompagner d’une difficulté à relever le pied ou les orteils. Le pied peut alors accrocher le sol ou « claquer » à la marche. Revue : neuropathies du nerf fibulaire.

La position du genou modifie les rapports et la tension du nerf autour de la fibula. Un conflit peut associer plusieurs bandes fibreuses ou passages sous le long fibulaire : le bilan ne se limite donc pas à un seul point douloureux. Un kyste au voisinage de l’articulation tibiofibulaire peut également être recherché selon le contexte. En cas de faiblesse, un releveur de pied peut aider à sécuriser la marche, sur prescription, pendant l’évaluation ou la récupération. Boyd et Brown, chapitre 13.

Schéma de la région externe du genou : le fibulaire commun contourne le col de la fibula puis se divise en branches superficielle et profonde.
Fibulaire commun = SPE. Le schéma montre les rapports de principe ; la position exacte des branches varie. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

3. Le nerf fibulaire superficiel : symptômes parfois surtout à l’effort

Cette branche passe de la profondeur vers la peau à travers le fascia de la jambe. Cette zone de sortie peut constituer un point de conflit. Une brûlure ou des fourmillements peuvent apparaître sur le bas de la face externe de la jambe et une grande partie du dessus du pied, notamment pendant l’exercice.

L’espace entre le premier et le deuxième orteil est habituellement épargné. Le relèvement du pied reste généralement conservé dans une atteinte isolée ; les troubles moteurs éventuels dépendent du niveau de la lésion. Une petite hernie musculaire à travers le fascia peut parfois participer au conflit. Revue diagnostique des compressions nerveuses du membre inférieur.

La sortie du fascia et la division en branches cutanées sont variables : elles ne se situent pas à une distance fixe de la malléole chez tous les patients. Une exploration dynamique peut rechercher une petite voussure musculaire apparaissant en contraction, sans conclure qu’elle explique à elle seule les symptômes. Une atteinte très distale, après le départ des branches musculaires, peut rester purement sensitive. Référence anatomique.

Coupe longitudinale simplifiée : le nerf fibulaire superficiel traverse une ouverture du fascia pour rejoindre les tissus sous-cutanés.
La sortie fasciale du fibulaire superficiel peut constituer un point de conflit, notamment pendant la contraction. Le niveau exact et les branches varient. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

4. Le nerf fibulaire profond : le tunnel tarsien antérieur

Le fibulaire profond peut être comprimé à l’avant de la cheville, sous les structures qui maintiennent les tendons extenseurs, ou sur le dessus du pied. Des chaussures ou des lacets trop serrés peuvent aggraver les symptômes. Une gêne dorsale et des picotements dans le premier espace entre les orteils sont évocateurs, mais non spécifiques.

Cette compression distale n’a pas les mêmes conséquences qu’une atteinte du nerf fibulaire commun au genou : elle n’entraîne pas nécessairement un pied tombant. Revue : atteintes fibulaires profondes et superficielles.

Le niveau est déterminant : au dos du pied, un conflit peut se situer sous le rétinaculum des extenseurs ou plus distalement au voisinage du tendon du court extenseur de l’hallux. Une atteinte distale peut toucher les petits muscles extenseurs du pied, tandis que les muscles qui relèvent la cheville, innervés plus haut, restent préservés. Boyd et Brown.

Deux vues comparées : fibulaire profond à l’avant de la cheville ; tibial derrière la malléole interne, vers la plante.
Deux tunnels, deux nerfs : le tunnel tarsien antérieur concerne le fibulaire profond ; le tunnel postérieur concerne le tibial. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

5. Le nerf tibial : du mollet au tunnel tarsien

Le nerf tibial peut subir un conflit proximal, notamment sous l’arcade du muscle soléaire. Une douleur du mollet accompagnée de troubles sensitifs plantaires et, parfois, d’une faiblesse oriente le bilan. Cette localisation est différente d’une compression à la cheville. Revue : neuropathie tibiale proximale.

Au tunnel tarsien postérieur, le nerf passe derrière la malléole interne. Sa compression peut provoquer brûlures, picotements ou engourdissement sous le pied, parfois majorés par la station debout et la marche. Le talon peut être atteint ou épargné selon les branches concernées. Une masse, des séquelles traumatiques ou des facteurs mécaniques peuvent participer. Aucun symptôme ni test isolé ne confirme tous les cas. Revue : syndrome du tunnel tarsien.

Vue interne schématique de la cheville : le nerf tibial passe derrière la malléole médiale puis se poursuit dans les branches plantaires.
Le tunnel tarsien postérieur concerne le tibial ; le tunnel antérieur concerne le fibulaire profond. Les branches calcanéennes, variables, ne sont pas dessinées. Agrandir le schéma (nouvel onglet)

6. Les branches plantaires, le nerf de Baxter et les nerfs digitaux

Le nerf plantaire médial peut être comprimé chez le coureur. Le nerf de Baxter, première branche du plantaire latéral, peut être impliqué dans une douleur du talon ressemblant à une atteinte de l’aponévrose plantaire.

À l’avant-pied, le névrome de Morton concerne un nerf digital et peut provoquer une douleur avec brûlure entre les orteils, souvent influencée par le chaussage. Revue anatomique et radiologique des conflits nerveux.

Après le tunnel tarsien, les branches plantaires peuvent rencontrer des passages fibreux distincts, notamment sous l’abducteur de l’hallux. Une souffrance distale n’est donc pas toujours expliquée par le seul rétinaculum derrière la malléole. L’origine variable des branches calcanéennes aide à comprendre pourquoi le talon peut être atteint ou épargné. L’examen doit localiser le conflit, sans déduire du schéma qu’il faut libérer systématiquement tous les tunnels. Référence anatomique : tunnels plantaires.

7. Le nerf sural : bord externe du pied et région externe de la cheville

Le sural est sensitif. Son irritation peut donner une douleur ou une hypersensibilité sur l’arrière et le côté externe de la cheville, jusqu’au bord externe du pied. Il n’entraîne pas de déficit moteur dans une atteinte isolée. Revue anatomique : nerf sural.

8. Plus haut : nerf sciatique, nerf cutané latéral, fémoral et obturateur

Le syndrome fessier profond correspond à une souffrance du nerf sciatique dans la région fessière, en dehors d’une origine discale lombaire. Une douleur de fesse irradiant vers la cuisse, parfois aggravée en position assise ou par certains mouvements de hanche, peut orienter le bilan. Le piriforme n’est qu’une des structures potentiellement impliquées : toutes les sciatiques ne sont pas des « syndromes du piriforme ». Revue : syndrome fessier profond.

Le nerf cutané latéral de la cuisse, anciennement fémoro-cutané, peut provoquer une méralgie paresthésique : brûlure ou engourdissement de la face antéro-externe de la cuisse, sans perte de force dans une atteinte isolée. Une compression près du ligament inguinal, notamment par un vêtement ou une ceinture serrée, peut intervenir. AAOS : méralgie paresthésique.

Les atteintes du fémoral et de l’obturateur sont plus rares. Une faiblesse pour tendre le genou peut évoquer le premier ; une douleur de l’aine ou de la face interne de la cuisse avec faiblesse des adducteurs peut faire rechercher le second. Elles justifient un bilan spécialisé et ne doivent pas être qualifiées de dynamiques sans arguments. Revue : atteintes fémorales et obturatrices.

Une douleur de l’aine après une chirurgie peut aussi relever des nerfs ilio-inguinal, ilio-hypogastrique ou génito-fémoral. Il s’agit d’un autre territoire, qui impose notamment de rechercher une cause pariétale ou une hernie. Une douleur postopératoire n’est pas automatiquement une compression à libérer : cicatrice, lésion nerveuse et névrome doivent être distingués. Boyd et Brown : nerfs de la région inguinale.

Quelles autres causes faut-il rechercher ?

Une douleur reproductible à l’effort peut aussi venir d’un syndrome des loges chronique d’effort, d’une lésion osseuse de fatigue, d’une tendinopathie ou d’une origine vasculaire, notamment un piège de l’artère poplitée. Un syndrome des loges peut lui-même s’accompagner de symptômes nerveux. Les explorations choisies ne sont pas les mêmes : examen vasculaire et examens adaptés à l’effort, imagerie osseuse ou, dans certaines situations, mesure des pressions musculaires. Revue du diagnostic différentiel des douleurs de jambe chez le sportif.

Une racine nerveuse comprimée dans le dos peut produire une douleur ou une faiblesse ressemblant à une atteinte périphérique. Une neuropathie plus diffuse doit aussi être envisagée selon le contexte. Le diagnostic ne consiste donc pas seulement à trouver un point douloureux sur le trajet d’un nerf. Revue des douleurs chroniques de jambe chez le sportif.

Comment établir le diagnostic ?

L’entretien et un examen ciblé

Le professionnel recherche le trajet des symptômes, leur délai d’apparition, leur disparition après l’arrêt et les positions qui les déclenchent. Il examine la sensibilité, la force, les réflexes, la marche et les régions voisines. La percussion d’un nerf peut reproduire des fourmillements, ce qu’on appelle un signe de Tinel ; ce signe n’est pas une preuve à lui seul.

Si les symptômes surviennent uniquement pendant une activité, une évaluation adaptée au mouvement ou après un effort encadré peut être utile. Elle doit rester sûre : il n’est pas demandé de provoquer un déficit ou une douleur intense pour « démontrer » le problème. Revue clinique : présentation et bilan des douleurs d’effort.

Que valent les tests de provocation ?

Le Tinel, les manœuvres de mise en tension ou certains tests spécialisés peuvent contribuer à la localisation. Le scratch-collapse test, décrit dans la référence chirurgicale, recherche une modification transitoire de la résistance musculaire après stimulation cutanée. Ses performances varient selon le nerf et les études ; les synthèses soulignent notamment une sensibilité limitée et une dépendance à l’examinateur. Il ne permet ni d’exclure seul une atteinte ni de décider seul d’une opération. Revue systématique de Jain et coll. ; revue systématique de 2024.

L’électroneuromyogramme (ENMG)

L’ENMG étudie la conduction nerveuse et, selon les besoins, l’activité de certains muscles. Il aide à localiser et apprécier une atteinte et à discuter une origine plus proximale. Ses résultats dépendent notamment du nerf exploré, de la sévérité et du moment de l’examen. Un résultat normal n’écarte pas toutes les compressions, notamment certaines formes du tunnel tarsien. Limites de l’ENMG dans le tunnel tarsien.

Mais un ENMG normal ne prouve pas non plus une compression « cachée ». Il conduit à réexaminer l’ensemble des arguments et les diagnostics possibles. Le compte rendu doit être interprété avec l’examen clinique, plutôt que comme une réponse universelle par oui ou non.

L’échographie, éventuellement dynamique, et l’IRM

L’échographie peut étudier un nerf accessible et ses rapports avec les tissus voisins ; l’IRM peut rechercher une cause profonde ou des conséquences musculaires. Ces examens complètent le bilan et ne remplacent pas sa cohérence clinique. Revue de la démarche diagnostique.

Selon le site, une échographie pendant un mouvement peut aider à rechercher un conflit positionnel, une modification locale ou une hernie musculaire. Ses possibilités dépendent de l’accès au nerf et de l’expérience de l’opérateur. Une image inhabituelle doit correspondre aux symptômes ; elle n’est pas automatiquement la cause de la douleur. Publication : échographie dynamique d’une hernie musculaire avec conflit fibulaire superficiel.

Le bloc anesthésique ciblé

Dans certaines situations, une injection d’anesthésique autour d’un nerf, réalisée par un professionnel, peut contribuer à localiser la douleur. Un soulagement transitoire apporte un argument, mais la diffusion du produit et d’autres facteurs limitent l’interprétation. Il ne garantit pas le résultat d’une chirurgie. Cette démarche est notamment rapportée pour le saphène. Publication sur les blocs du nerf saphène.

Quels traitements peut-on proposer ?

Adapter les contraintes et accompagner la récupération

La première étape peut consister à réduire une compression extérieure, adapter une posture, le chaussage ou l’activité, et traiter la cause identifiée. Le programme de rééducation est individualisé. Il ne consiste pas à étirer agressivement un nerf douloureux. Des traitements de la douleur peuvent être discutés en tenant compte des contre-indications et de leurs effets indésirables. Prise en charge des compressions dans les douleurs de jambe.

Demandez ce que l’adaptation cherche à obtenir : marcher plus longtemps sans symptômes, retrouver un mouvement ou diminuer les réveils nocturnes. Une échéance de contrôle permet de vérifier les progrès et de modifier la stratégie si nécessaire. Une faiblesse nouvelle ou croissante nécessite une réévaluation, même si un traitement est déjà en cours.

Infiltrations et techniques percutanées : une place à discuter

Un geste ciblé peut être proposé dans certaines indications. Les techniques, les produits et le niveau de preuve varient selon le nerf. L’hydrodissection vise à séparer le nerf des tissus voisins par injection ; elle ne doit pas être présentée comme une solution systématique ou un traitement garanti. Les données sur les traitements peu invasifs restent limitées pour plusieurs syndromes. Revue systématique des traitements du tunnel tarsien.

Quand envisager une décompression chirurgicale ?

Une libération nerveuse peut être discutée lorsque le site et la cause sont suffisamment documentés, notamment si les symptômes restent invalidants malgré un traitement adapté. Une cause compressive précise ou un déficit évolutif peuvent modifier les priorités. Il n’existe pas de durée d’attente identique pour tous les nerfs et toutes les situations.

L’objectif est de supprimer un conflit identifié. Cela ne garantit pas la récupération d’un nerf déjà lésé. La douleur peut persister, la récupération être incomplète et une récidive survenir. Les risques comprennent notamment une atteinte nerveuse, une cicatrice douloureuse, un hématome ou une infection. Les résultats publiés varient selon les patients et les études ; ils ne constituent pas une promesse individuelle. Revue des résultats et limites de la chirurgie du tunnel tarsien.

Libérer un nerf n’est pas l’interrompre

Une décompression ouvre le passage responsable du conflit ; une neurolyse libère le nerf de tissus qui l’enserrent. Une neurectomie retire ou interrompt une portion nerveuse : elle expose à une perte de sensibilité et à un nouveau névrome douloureux. Ces termes ne sont pas interchangeables. Certaines douleurs de petites branches sensitives ou de névromes relèvent de discussions spécifiques ; les préférences opératoires d’un chapitre ne constituent pas un traitement universel des douleurs à l’effort.

La récupération dépend notamment de l’ancienneté, du degré de lésion et de la cause traitée. Le calendrier de reprise de la marche, du travail et du sport doit être discuté pour le geste réellement envisagé, avec un suivi de la force, de la sensibilité et de la tolérance à l’activité. Référence chirurgicale : principes et distinctions.

Quels signes nécessitent un avis rapide ?

Ces situations ne doivent pas être banalisées sous l’étiquette de compression dynamique liée au sport.

Comment préparer sa consultation ?

Une description précise du déclenchement vaut souvent mieux que le seul mot « douleur ». Préparez quelques informations :

Si un phénomène visible apparaît spontanément, une photo peut aider à le décrire ; ne reproduisez pas volontairement un symptôme dangereux. Lors du rendez-vous, demandez quel nerf est suspecté, à quel endroit, avec quels arguments et quelles autres causes ont été envisagées. Si un traitement est proposé, faites préciser son objectif, ses limites et les critères de réévaluation.

Pour organiser un bilan au cabinet du Dr François Lozach à Sète, retrouvez les coordonnées et informations de consultation. Selon les constatations, un avis neurologique, radiologique, vasculaire ou de médecine physique peut compléter l’évaluation.

Questions fréquentes

Un ENMG normal signifie-t-il que la douleur n’est pas nerveuse ?

Non. Certaines atteintes intermittentes ou de petites branches sont difficiles à objectiver. Mais un résultat normal impose de confronter les symptômes, l’examen et l’imagerie, et de reconsidérer les autres causes ; il ne prouve pas une compression dynamique.

Faut-il arrêter toute activité ?

L’adaptation dépend du diagnostic et des symptômes. Un équipement compressif ou un mouvement déclencheur peuvent être modifiés. Une faiblesse, une perte de sensibilité persistante ou une aggravation doivent conduire à une réévaluation ; il ne faut pas poursuivre l’effort pour tester les limites du nerf.

Peut-on avoir plusieurs points de compression ?

Oui, plusieurs niveaux ou plusieurs causes de douleur peuvent coexister. Cela doit être démontré par un bilan cohérent. Cette possibilité ne justifie pas, à elle seule, une série de gestes sur plusieurs nerfs.

La chirurgie donne-t-elle toujours un résultat définitif ?

Non. Identifier un conflit traitable améliore la pertinence de l’indication, sans garantir la disparition de la douleur ni une récupération complète. Le bénéfice attendu, les alternatives et les risques doivent être expliqués pour chaque situation.

Références et limites des données

Ce dossier croise une référence de chirurgie nerveuse avec des publications plus récentes sur l’anatomie, le diagnostic et les traitements. Les liens placés dans le texte permettent de retrouver les sources de chaque thème. Les données sont inégales selon le nerf ; les cas cliniques et séries opératoires ne permettent pas de promettre un résultat individuel.

  1. Boyd KU, Brown JM. Injury and Compression Neuropathy in the Lower Extremity. Dans : Mackinnon SE (dir.), Nerve Surgery. Thieme, 2015, chapitre 13, p. 338–390. Référence étudiée à partir du résumé didactique français transmis au cabinet ; les choix opératoires des auteurs sont distingués des recommandations générales.
  2. Kumar et coll. Nerve entrapment syndromes of the lower limb: a pictorial review. Insights into Imaging, 2023. Anatomie et imagerie.
  3. Diagnostic Approach to Lower Limb Entrapment Neuropathies: A Narrative Literature Review. Diagnostics, 2023. Démarche diagnostique et limites des explorations.
  4. Jain et coll. The Scratch-Collapse Test: A Systematic Review and Statistical Analysis. Hand, publication en ligne 2023, volume 2024. À compléter par la revue systématique de 2024 sur ce test.
  5. The management of tarsal tunnel syndrome: A scoping review. 2024. Résultats et limites des données thérapeutiques.

Illustrations : schémas pédagogiques originaux créés pour ce dossier à partir des repères anatomiques des références. Aucun cliché opératoire ni figure de l’ouvrage n’est reproduit. Les vues sont simplifiées, non à l’échelle, et ne constituent pas un atlas de dissection ou une carte diagnostique individuelle.

Ce dossier constitue une information générale. Il ne remplace pas l’examen ni les consignes individuelles d’un professionnel de santé. Les compressions décrites ne sont pas toutes dynamiques, et leur traitement dépend d’un diagnostic précis.

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